Dans le travail de Kar, présenté par Galerie Philia, les pièces en fibre de verre de la collection Formless conservent leur fonction tout en semblant encore habitées par les gestes qui les ont façonnées. Leurs surfaces irrégulières et leurs volumes souples évoquent tour à tour la roche, l’argile ou une substance lentement transformée par le temps. Le meuble ne se referme jamais tout à fait sur son usage. Il demeure au seuil de la sculpture, comme s’il pouvait encore devenir autre chose.
Les céramiques de Louise Traon ramènent ce devenir à ses origines terrestres. Dans ses grès émaillés, terres sauvages, cendres, granit et craie ne constituent pas seulement une matière première : leurs propriétés participent directement à l’apparition des formes et des couleurs. La main compose ainsi avec une matière dont elle ne maîtrise jamais entièrement les réactions.