Espace Meyer Zafra a le plaisir de présenter « The 100th Show », la 100ᵉ exposition de la galerie, réunissant des œuvres de Marina Apollonio, Ennio L. Chiggio, Alexis Hayère, Piotr Kowalski, Manuel Mérida, René Ugarte et Grazia Varisco.
Dans les années 1960, Marina Apollonio (1940 - ) commence à concevoir des expériences visuelles fondées sur l’illusion optique. En choisissant des formes primaires telles que le cercle, l’artiste étudie leurs possibilités structurelles afin d’activer l’œuvre et de la rendre dynamique. Comme d’autres représentants du mouvement cinétique, Marina Apollonio partage le désir d’un art dépersonnalisé, en opposition à l’abstraction expressive. Elle utilise des matériaux industriels modernes pour créer des structures rigoureusement calculées qui transforment l’espace et modifient la perception du spectateur.
Ennio Ludovico Chiggio (1938-2020) entreprend d’abord des études techniques avant de poursuivre une formation artistique à Venise, où il fréquente de manière irrégulière l’Académie des Beaux-Arts et la Faculté d’Architecture. Dès 1957, il se consacre à la peinture. En 1959, à Padoue, il fonde le Gruppo N avec Alberto Biasi, Giovanni Antonio Costa, Edoardo Landi et Manfredo Massironi. Au sein du groupe, il développe des recherches sur les images cinétiques, les interférences lumineuses et les transformations du mouvement. Les expérimentations collectives menées par le Gruppo N s’intensifient progressivement, avec la conviction que ces « objets-œuvres » sont capables de renouveler la pratique artistique à la lumière des théories de la forme, de l’information et de la mécanique quantique.
Les passages opérés entre peinture et sculpture dans l’œuvre d’Alexis Hayère (1988 - ) témoignent d’une logique créative fondée sur l’assemblage et la coexistence d’éléments hétérogènes au sein d’un même espace. Loin d’être un simple support extérieur, le cadre participe pleinement à la composition de l’œuvre. Contrairement au socle en sculpture, il ne se contente pas de la présenter mais en devient un élément constitutif. Ainsi, l’œuvre n’est ni une peinture ni une sculpture, mais à la fois peinture et sculpture. La notion de composition doit ici être entendue dans son sens le plus fort : celui d’un processus d’assemblage de formes distinctes qui dialoguent entre elles.
« La position de Piotr Kowalski est unique, associant l’art et la science, et s’inscrivant dans la continuité de figures telles que Léonard de Vinci ou Dürer en leur temps. Son œuvre a souvent été rapprochée du mouvement lumino-cinétique avec lequel elle partage certaines préoccupations ; elle se rapproche en réalité davantage de celle de Takis ou de Jean Dupuy : technologique, expérimentale, rigoureuse et non formaliste, située entre matérialité et virtualité, toujours tournée vers l’innovation. » — Serge Lemoine.
Piotr Kowalski (1927-2004) occupe une place à la fois majeure et singulière dans l’histoire de l’art. Il utilise la technologie comme un peintre utilise la couleur. Tout au long de son œuvre, l’influence de la science sur la création artistique demeure constante. Ses recherches se concentrent principalement sur les relations entre les lois physiques, la matière et la poésie qui peut naître de leur interaction.
Manuel Mérida (1939 - ) appartient à la seconde génération des artistes cinétiques sud-américains. À travers son travail, il cherche à éviter toute vision fixe et définitive, jouant avec les variations d’une matière colorée composée de pigments, de sable, de poudre de charbon, de particules de bois ou encore de métal peint. Réputée pour son raffinement esthétique et son pouvoir de fascination, son œuvre occupe une place essentielle dans l’histoire de l’art, malgré une position souvent marginale au sein du mouvement cinétique. Les œuvres de Mérida sont toujours en mouvement. De formes, dimensions et couleurs variées, elles prennent la forme de boîtes circulaires ou carrées protégées par une plaque de verre et tournant autour d’un axe central. Certaines sont activées manuellement, tandis que d’autres sont animées par un moteur qui les met lentement en rotation.
Sensible et rigoureuse, l’œuvre de René Ugarte (1951 - ) est le fruit d’une réflexion cohérente et d’une discipline exigeante. Fondées sur la notion de structure, ses peintures réalisées sur toile ou sur bois révèlent une configuration volontairement simple, basée sur l’utilisation répétée de formes géométriques élémentaires telles que le carré, le rectangle et la ligne. Ugarte développe un réseau de lignes qui traversent la surface horizontalement, verticalement et diagonalement. La diagonale, utilisée de manière systématique, accentue le dynamisme de la composition. De cette trame émergent des formes orthogonales définies par des aplats de couleur. Toutefois, cette structure géométrique rigoureuse, qui semble conférer équilibre et unité visuelle à l’ensemble, demeure en réalité illusoire. C’est le déséquilibre, l’asymétrie et la déstructuration que recherche l’artiste. Il joue ainsi avec l’ambiguïté et les tensions spatiales afin d’ouvrir de nouvelles lectures de l’œuvre, fragmentées et discontinues.
Née à Milan, Grazia Varisco (1937 - ) est l’une des figures majeures de l’art programmé et cinétique. Dès le début de sa carrière, elle explore les notions de mouvement, de transformation et de temporalité, tout en recherchant une interaction directe avec le spectateur. À travers l’utilisation de signes géométriques simples, ses œuvres investissent l’espace qui les entoure et créent différentes dimensions perceptives. En modifiant les repères habituels du regard, elles interrogent notre perception de l’espace et désorientent volontairement les sens.