Porosités

Manuel Mérida - Pietro Franceschini

13 Décembre - 13 Janvier 2022

Diaporama

De nombreux concepts et thématiques peuvent être mobilisés pour décrire les œuvres mises en dialogue de l’artiste Manuel Mérida et du designer Pietro Franceschini. Chez le premier, une recherche longue et minutieuse autour de la sérendipité ; chez le second, une réflexion ludique sur les rêveries artificielles. Mais s’il fallait identifier un terrain commun aux deux créateurs, ce serait sans doute celui des porosités.

L’œuvre de Manuel Mérida est matériellement poreuse, et cette porosité est à l’origine de l’infinité de visages que ses pièces révèlent au fil du temps. Elle concerne également l’artiste lui-même qui, à travers un parcours riche de peintre, décorateur, designer et scénographe, se situe au croisement de plusieurs disciplines créatives sans jamais se laisser enfermer dans une frontière fixe ou imperméable.

La porosité qui caractérise la démarche de Pietro Franceschini est tout aussi manifeste. Son parcours l’a conduit successivement vers l’architecture, la décoration intérieure et le design. Cette ouverture se traduit dans une pratique où le design adopte une dimension profondément sculpturale. Ses créations sont à la fois des meubles et des œuvres d’art : des objets fonctionnels qui conservent néanmoins une part insaisissable, échappant à toute finalité strictement utilitaire pour accéder au statut de véritables sculptures.

Le dialogue tissé par les galeries Meyer Zafra et Philia interroge précisément cette notion de porosité : porosité entre deux générations de créateurs, entre différents univers artistiques, ceux de la peinture, de la sculpture et du design, mais également entre les frontières mêmes de l’art et du design.