Oeuvres 1962 - 2006

Yaacov Agam

11 Mars - 19 Mai 2023

Diaporama

Espace Meyer Zafra a le plaisir de présenter une exposition consacrée à l’œuvre novatrice de Yaacov Agam. Du 11 mars au 6 mai 2023, l’exposition réunira peintures et sculptures réalisées entre les années 1960 et les années 2000.

En 1980, le célèbre critique d’art italien Giulio Carlo Argan écrivait à propos de l’artiste israélien :

« L’œuvre d’Agam est certainement l’un des phénomènes les plus remarquables de la culture artistique européenne depuis la Seconde Guerre mondiale. »

Peintre, sculpteur, graphiste et vidéaste, Yaacov Agam explore tous les médiums à sa disposition afin d’introduire dans l’art une quatrième dimension : celle du temps associé au mouvement.

« Mes œuvres reflètent les efforts que j’ai entrepris pour dépasser les limites de l’expression qui ont jusqu’à présent conféré à l’événement pictural un caractère inévitablement figé. Je me suis efforcé de créer une peinture qui existe non seulement dans l’espace, mais aussi dans le temps où elle se développe et évolue, produisant ainsi une infinité prévisible de situations plastiques naissant les unes des autres et dont les apparitions et disparitions successives offrent des révélations sans cesse renouvelées. L’introduction de la dimension du temps, de la durée et de la continuité dans l’événement pictural permet de pénétrer plus profondément dans l’essence d’une œuvre qui, malgré — ou plutôt grâce à — ses transformations extérieures, conserve mieux encore son unité organique et son identité intérieure inaltérable. »
— Yaacov Agam

La rigueur du processus créatif adopté par Agam traverse l’ensemble de sa carrière. Il est difficile d’isoler une période particulière de son travail sans considérer l’évolution globale de son œuvre. Lors de sa première exposition personnelle à la Craven Gallery en 1953, Agam présente ses premières « peintures transformables ». Constituées d’éléments de bois indépendants pouvant être déplacés les uns par rapport aux autres, ces œuvres instaurent un dialogue permanent entre le fond, qui agit comme support, et les formes en relief qui composent des images différentes selon l’action du spectateur.

À l’occasion de cette exposition, nous aurons le plaisir de présenter Homage to an Assemblage Mouvant (2006), exemple emblématique de ces « peintures transformables ».

À partir de la fin des années 1950, Agam développe également ses œuvres en relief, à la croisée de la peinture et de la sculpture. Les surfaces de ces compositions sont constituées de reliefs triangulaires parallèles sur lesquels sont peintes différentes images. L’artiste explique :

« Il m’arrive de peindre jusqu’à huit tableaux distincts dans une même œuvre : ils peuvent être perçus simultanément lorsqu’on se tient face à elle, puis se séparer et se recomposer au fur et à mesure que l’on se déplace vers la droite ou vers la gauche. »

Cette exposition présentera notamment quatre petits formats d’une précision remarquable — Spiral Oval (1966), End to Continuity (1970), Red Movement (1962) et Untitled (1969) — ainsi que deux œuvres majeures : Two (1973-1975) et Metzulot (1980-2007).

Qu’elles soient peintes ou sculptées, les œuvres d’Agam sont toujours en devenir. Elles privilégient la forme et la couleur en mouvement plutôt que le statique et l’immobile, et associent directement le spectateur au processus de création. Thomas M. Messer, ancien directeur de la Fondation Solomon R. Guggenheim, décrit cette démarche en ces termes :

« Les projections multiples de la réalité constituent la recherche et l’accomplissement d’Agam. Son travail repose sur plusieurs postulats fondamentaux : la réalité est dissimulée derrière les apparences et, à ce titre, demeure abstraite ; si elle peut être totale dans une perspective divine, elle apparaît fragmentée et changeante aux yeux des mortels ; les fragments perceptibles de la réalité peuvent coexister simultanément, parallèlement, se superposer, s’harmoniser ou se contredire ; la réalité doit être perçue non comme une matière statique mais comme une énergie en mouvement ; enfin, visibilité et réalité entretiennent entre elles un rapport continuellement mutable. »

Au sein de cette exposition, l’expérience du spectateur occupe une place centrale dans la création même de l’œuvre. Par le mouvement ou par l’action directe, le visiteur est invité à participer pleinement à l’expérience artistique et à devenir acteur de sa propre perception.